La Forge

le four à poterie

Gaël , ton métier de coutelier c’est une passion de toujours ?

Une passion qui devient un métier, c’est quelque chose dont chacun rêve. Mais il m’a fallu rêver très fort pour donner à ce songe les bases d’un chemin de vie.

Aussi loin que je me souvienne , je suis déjà , petit enfant , en train de « gratouiller » des morceaux de bois pour en extraire des sculptures , bien souvent inachevée , mise au rebut puis reprise des mois, voir des années plus tard ….

j’était déjà fasciné par tout ce qui composait le monde , et j’avais ce besoin de comprendre comment on fabriquait les choses , comment d’un objet du quotidien , un couteau par exemple, on pouvait remonter en reproduisant certain gestes anciens jusque la matière premiere qui le composais : le minerai de fer extrait de la montagne, et le bois issu de l’arbre .

Comment tout a commencé ?

Il y une dizaine d’année j’ai commencé à taper sur des cailloux , pour comprendre comment passer de la pierre informe à la magnifique pointe de flèche préhistorique que j’avais trouvé sur la colline … c’est naturellement que j’ai dérivé vers l’archéologie expérimentale , j’ai passé des weekends à extraire de l’argile de la montagne  pour faire des poteries , puis  j’ai voulu les faire cuire alors j’ai fait un four avec l’argile. Comme ca fonctionnait assez bien j’ai voulu pousser l’experience , et faire des perles en pate de verre dans le four..

J’ai du reconstruire un autre four plus puissant …. Puis un autre pour fondre du bronze à la cire perdue …puis enfin une forge et un four à charbon ….

C’était ma machine à remonter le temps, chaque samedi et dimanche je les ai passé à essayer de reconstituer une technique, un savoir faire si ancien que même les anciens l’avait oublié…

L’orsque j’ai commencé mes premiers couteaux je ne connaissais aucune technique de coutellerie et j’ai découvert un domaine de recherche énorme et passionnant, impossible de continuer à  jouer l’archéologue amateur, tout ce chemin parcouru, c’était pour devenir  coutelier évidement  . il m’a fallu plus de deux ans pour maitriser les bases et faire quelque chose de présentable a mon gout … comme je ne suis jamais satisfait  de mon travail, j’ai remis à chaque weekend mon projet de vie.

et aujourd’hui ?

Je ne regrette rien dans ce choix. C’est un métier passionnant entre le moment ou j’imagine un couteau ou une autre piece et  sa vente, je dois le  dessiner, concevoir ses plans,  construire  chacun des outils qui vont servir à sa confection, puis  le forger, choisir une essence de bois pour le manche, l’assembler et l’apprêter pour sa présentation.

Chaque pièce est unique et je passe de longue heure à réfléchir au résultat, et au final , je recommence souvent

Qu’est ce qui te motive le plus ?

Je suis un autodidacte, j’aime apprendre  mais quand on arrive à un certain niveau dans l’artisanat  il faut de l’aide. Ce métier est  remplis de rencontres passionnantes, les couteliers de Corses m’ont formidablement accueillis et m’ont donné des conseils pour progresser, ils ont partagé leur savoir avec moi et  j’en suis extrêmement reconnaissant.  Ce sont tous des gens passionnés, dont le seul but est de permettre au couteau corse de devenir une référence de qualité. Ce sont ces gens la qui me font avancer, je suis fier d’appartenir à ce corps de métier